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Le Front populaire, avant d’être un accord électoral entre partis de gauche, fut d’abord un immense mouvement populaire né de l’aspiration à l’unité face à la menace fasciste. 

Le choc fondateur fut celui du 6 février 1934. Ce jour-là, les ligues d’extrême-droite et les factieux tentèrent de marcher sur l’Assemblée nationale dans un climat de haine anti-parlementaire. Pour beaucoup de militant-es socialistes, communistes, syndicalistes ou républicain-es, le danger était clair : ce qui s’était produit en Italie avec Mussolini ou en Allemagne avec Hitler pouvait aussi advenir en France.

La riposte fut immédiate. Dans tout le pays, des rassemblements se tiennent dès les jours suivants. Mais le Finistère apparaît alors comme l’un des départements les plus mobilisés. Des comités de vigilance antifascistes se créent rapidement à Brest, Quimper ou Carhaix. Socialistes, communistes, syndicalistes de la CGT et de la CGTU prennent la parole ensemble dans des réunions communes, parfois avant même que les directions nationales aient officiellement conclu leurs accords d’unité. 

Le moment décisif est celui du 12 février 1934. À l’appel des organisations ouvrières et démocratiques, des meetings communs et des manifestations massives se déroulent dans tout le Finistère. Plusieurs milliers de personnes défilent dans les villes du département : 10 000 à Brest, 1 200 à Concarneau, 1 000 à Quimper, autant à Pont-l’Abbé, des centaines encore à Morlaix ou Pont-de-Buis. 

Cette mobilisation dépasse les appareils politiques. Comme partout en France, les cortèges socialistes et communistes se rapprochent, se mêlent parfois spontanément. La base militante impose l’idée que l’unité est devenue indispensable pour défendre la République et empêcher la progression du fascisme. Le Front populaire naît d’abord dans la rue avant de se construire dans les urnes. Des comités de vigilance anti-fascistes sont créés dans la foulée qui, quelques mois plus tard changeront de nom pour devenir des « comités de Front Populaire antifascistes ».

Le Finistère fut également pionnier dans la traduction électorale de cette dynamique unitaire. Lors des élections cantonales d’octobre 1934 à Concarneau, les socialistes choisissent de soutenir le communiste Pierre Guéguin. Grâce à cette démarche d’unité antifasciste, celui-ci devient le premier conseiller général communiste de Bretagne. 

En 1936, le Front Populaire remporte les élections législatives. Dans le Finistère, ses candidats remportent 4 circonscriptions sur les 11 que comptait à l’époque le département. Deux députés socialistes sont élus : Jean-Louis Rolland à Brest et Tanguy Prigent à Morlaix, alors plus jeune député de France. Les radicaux reculent mais conservent aussi deux députés, Jean Perrot dans le pays bigouden et Albert Le Bail à Douarnenez Cap Sizun.

Ces 4 élus n’oublièrent pas le sens profond du rassemblement antifasciste qui avait permis la victoire du Front populaire. En juillet 1940, lorsque le maréchal Pétain demande les pleins pouvoirs, ils firent partie des 80 parlementaires qui refusèrent de voter la fin de la République. Fidèles à l’esprit du 12 février 1934 et du Front populaire, ils choisirent la démocratie contre la soumission.

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